Léo Fugazza

Musings & ramblings, et plus si affinités

Painted waves

Painted waves

There is a painting
Seen from my bed,
Hanging.

It is of the sea
And its ebb
And flow.
Waves crashing.

I do not like the sea.
I like the painting.

I drift to sleep
On its shores,
My slumber as deep
As its pretense
Of water.

And when the sun
Wakes me,
It is not shining
As bright as its
Is
On the foam cresting
The frozen waves.
The painted waves
That I can almost
Hear.

Pandémie

Pandémie

Du jour au lendemain
Le monde s’est arrêté de tourner,
Les masques se sont dressés,
L’isolement s’est imposé.

Du jour au lendemain…
Des foules fantômes.
Des ombres longeant les murs.
Des regards craintifs.

Quel étrange sentiment
Qu’une pandémie.
Un danger potentiel
En chaque personne inconnue.

Mais quel meilleur moment
Pour te rencontrer
Que le pire?
Tu étais infectieuse.

Et je me suis rendu fiévreux
À te pourchasser
Dans cette mascarade,
Bravant l’interdit pour un seul contact.

Ma première piqûre
Je l’ai eu de toi :
Comble de l’ironie
Que j’en sois tombé malade.

Le danger n’était pas
De te toucher,
Il était
De ne plus le pouvoir.

Je ne sors pas indemne
De cette pandémie :
J’ai les symptômes
De ton absence.

Je crois constamment voir
Tes yeux par ci, ta crinière par là;
Au gré d’une mer de masques
Par ton fantôme hanté.

Mon monde s’est arrêté
Dans un monde déjà figé
À cause d’une belle disparue
Du jour au lendemain.

Paradis sur terre

Paradis sur terre

Couché dans l’herbe,
je regardais les cieux
et les nuages défiler
à travers tes yeux.

La tête posée sur mon torse,
tu me lançais des sourires mystérieux
tandis que je me perdais
dans le ciel de tes iris, du même bleu.

J’admirais l’éther
dont un peintre audacieux
avait cerné tes pupilles,
offrant à ton regard tout son vitreux.

Comment ne pas s’égarer
dans leur camaïeu
cérulé, peint d’azur et d’indigo?
Tout autant dangereux que délicieux.

Mais c’est d’abord en tant qu’assoiffé
que j’ai péleriné à ces deux puits gracieux:
pour me rafraîchir
à tes globes aqueux.

Tu me jonchais, en effet,
de tes cheveux;
ta chaleur se mêlait, envahissante,
à celle d’un été paresseux.

J’étais donc à la recherche
d’un repos ombreux
quand je me suis mis à t’explorer,
plongeant pour échapper à ton parfum capiteux.

J’avançais lentement, découvrant
des trésors ô si précieux:
lapis, cobalt, turquoise, saphir;
ils brillaient, tous aussi merveilleux.

Mais ces joyaux tombés des nues
ne me rendaient pas moins fiévreux.
Ta présence à mes côtés
continuait à me lécher de feu.

Heureusement, mes efforts portèrent fruit
et les dieux se montrèrent miséricordieux.
J’ai pu bientôt nager dans tes eaux,
tu cachais en toi un lac nuageux.

Je me suis lancé dans ma quête
avec le front cendreux,
et plus j’avançais,
plus je devenais pieux.

Là, si près de moi,
tu m’offrais un accès somptueux
à toute la voute céleste
et son infini majestueux.

Je me suis réfugié en toi
comme ton corps se faisait trop sulfureux,
mais après m’être blotti dans ses ombres
j’en suis ressorti révérencieux,

et avec un regard
amoureux.

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